Êtes-vous dépendants aux sites de rencontres?

Depuis l’arrivée d’Internet dans nos vies, tout est accessible du bout des doigts. Nous avons développé un intérêt accru pour la facilité et la rapidité et il va de même pour les rencontres amoureuses. Les différents sites de rencontres débordent de gens qui rêvent à l’âme sœur sans même sortir du confort de leur foyer. Or, cette accessibilité a un envers de la médaille, celui d’en développer une réelle dépendance.

De la simple curiosité à la dépendance

Personne ne devient accros aux sites de rencontre du jour au lendemain. Bien souvent, tout débute par une simple curiosité, on s’inscrit parce qu’on en a entendu parlé ou parce qu’on a envie de vivre quelque chose de nouveau. Pour plusieurs ce n’est qu’un simple moyen de faire des rencontres intéressantes. Pour d’autres, c’est une porte ouverte vers la dérive.

Les spécialistes s’entendent pour dire qu’il faut une certaine prédisposition à la dépendance. La compulsion vient surtout d’une image de soi plutôt négative où l’autre n’a pour fonction que de venir combler un besoin narcissique. Il devient une sorte d’objet visant à combler la faille dans l’identité de celui qui recherche à multiplier les rencontres afin de maximiser cette sensation de contemplation.

Bien que cette quête puisse être agréable et satisfaisante sur le moment présent, cette occupation laisse très vite un sentiment de vide et d’angoisse assez intense pour que la personne veule répéter l’expérience de plus en plus souvent. Elle sera alors confronter au cycle vicieux de la dépendance, c’est-à-dire la nécessité d’en vouloir toujours plus au détriment de son monde réel.

Un monde illusoire

L’amitié, tout comme l’amour, se développe beaucoup plus rapidement dans le monde virtuel que réel. Les confidences sont protégées par le couvert d’anonymat d’un écran d’ordinateur et les adeptes deviennent familiers en un rien de temps. Le non-verbal est absent et malgré une photo de profil plus ou moins réaliste, on s’attache davantage au contenant plutôt qu’au contenu. D’ailleurs, ce contenu est bien souvent exempt de préjugés mal placés, d’opinions tranchantes et d’obstacles embarrassants parce que la majorité fait miroiter une discussion qui ne sert qu’à montrer les bons côtés. Les exceptions sont vite éliminer du site en question et on passe au suivant. L’autre devient donc un ensemble de critères superficiels, ce qui a tendance à déshumaniser les relations.

Vient un moment où l’adepte des sites de rencontre connaît une sorte d’envoûtement face à ce qu’il vit dans son monde virtuel. Le clavardage, qui était un simple divertissement, est devenu un réel besoin et un mode de vie. Il a même passé à l’étape suivante, celui de multiplier les rencontres avec les correspondants en espérant enfin vivre cette plénitude dans le monde réel. Or, cette quête s’avère souvent vaine car ses critères sont tellement poussés que plus personne ne peut représenter son idéal. Dans le monde virtuel, la représentation mentale qu’on se fait de l’autre est toujours très idéalisée. Il en est tout autrement dans la réalité.

La dépendance

La dépendance à proprement dite commence au moment où le monde virtuel prend plus de place que le monde réel. Le clavardage et les rencontres empiètent sur le temps de qualité en famille ou au travail. Ceux et celles souffrant d’une dépendance aux cyberrelations auront l’impression que le monde virtuel fait partie fondamentale d’eux-même et que si trop d’heures passent sans avoir été sur son ordinateur, il leur manque une partie d’eux-mêmes. Les rencontres se multiplient parce qu’ils ont l’impression qu’ils vont manquer quelques chose s’ils n’y vont pas.

Voici quelques questions à vous poser si vous pensez souffrir d’une dépendance aux cyberrelations.

  • Trouvez-vous difficile de ne pas vous connecter à ces sites pendant plusieurs heures?

  • Est-ce que votre entourage vous a déjà mentionné que vous passiez beaucoup trop de temps en ligne?

  • Avez-vous de la difficulté à réduire vos heures passées sur ces sites?

  • Ressentez-vous de la honte ou de la culpabilité face à toutes ces heures passées devant votre ordinateur?

  • Avez-vous déjà négligé votre monde réel pour des rencontres virtuels?

  • Avez-vous déjà menti à votre entourage pour cacher votre mode de vie?

  • Vous sentez-vous irritables et angoissés lorsque vous n’être pas devant votre ordinateur?

Une majorité de « oui » à ces questions devraient vous sonner une cloche.

Comment décrocher

La prise de conscience est un grand pas vers la réussite. Lorsqu’on reconnaît qu’on a perdu le contrôle de notre vie au détriment d’un monde virtuel, il est possible de s’en sortir. Voici quelques petits trucs qui pourraient vous être utiles.

  • Commencez une activité alternative

La dépendance aux cyberrelations est comme toutes les autres dépendances, c’est-à-dire qu’elle occupe sans cesse le corps et l’esprit de celui ou celle qui en souffre. Il faut donc faire diversion en participant à d’autres activités qui vous plaisaient bien avant qu’Internet fasse partie intégrante de vos vies.

  • Limiter votre temps en ligne

L’idée n’est pas de ne plus utiliser Internet puisque plus souvent qu’autrement, il est un allié au quotidien. Par contre, limitez vos heures en ligne. Syntonisez une alarme s’il le faut mais il faut réduire les heures devant votre ordinateur.

  • Changez votre routine

Si au levée (ou au couché) vous aviez l’habitude d’ouvrir votre ordinateur ou votre portable pour vérifier vos messages, essayez de changer votre routine. Allez prendre votre douche, prenez votre café et faites autre chose pour modifier votre routine. Après quelques jours vous n’aurez plus ce besoin viscéral.

  • Prenez conscience de votre déni

Vous savez, la petite voix des excuses? « Laisse-moi tranquille, c’est ma vie! », « Même si je fais garder mon fils encore une fois ce soir, ce n’est pas grave je le verrai demain et mamie sera contente de le voir! », « Je me couche tard mais je ne suis pas une dormeuse de toutes façons! », etc…Le déni est une façon inconsciente d’échapper à la réalité.

  • Consultez

N’hésitez pas à aller consulter pour vous aider à reprendre le contrôle de votre vie! La cyberdépendance est une difficulté qui peut être passagère si vous vous mettez en action dès maintenant pour y remédier.

Véronique Larivière, sexologue
Fière partenaire de ton bonheur amoureux

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