Je suis sexologue et voici ce que j’ai à te dire.

On peut se tutoyer? J’ai envie qu’on se parle d’un ton plutôt informel sans créer la distance hiérarchique que peut former le contexte de l’aidant versus l’aidé. En fait, même à mon bureau je préfère la familiarité sympathique du “Tu” plutôt que la froideur du “Vous”. C’est une question d’approche j’imagine… mais sache que cette terminologie ne change en rien tout le respect que j’ai pour toi.

Voilà pour la parenthèse de vocabulaire! J’avais besoin de la faire parce que oui, j’ai passé de longues minutes à me questionner à savoir si je faisais cette chronique au “Tu” ou au “Vous”. Alors voilà, je me lance avec authenticité. C’est mon site web après tout ?

Ceci dit! J’avais envie de partager les différentes idées reçues concernant mon boulot et les rencontres en sexologie. Clarifions tout ça ensemble.

Non, je ne fais pas de consultations par courriel.

Ni par messagerie Facebook. En fait, ça me fait plaisir de répondre à une ou deux questions plutôt générales du genre: “Je vis telle situation, est-ce mieux de consulter seul ou en couple?” ou bien “Connais-tu un(e) sexologue dans le coin de […] qui pourrait m’aider?”.

Mais prenons par exemple LA question qu’on me pose le plus souvent par courriel: “J’ai une baisse de libido, qu’est-ce que je peux faire?”. Je comprends tout à fait la pertinence de vouloir remédier rapidement à la situation mais c’est IMPOSSIBLE pour moi de faire une intervention convenable par échange de courriels. Tout simplement parce qu’il y a beaucoup trop de détails à prendre en considération et que par écrit ce serait beaucoup trop limitée comme intervention. Même en une rencontre de 60 minutes face à face, ce n’est pas assez pour voir la situation dans sa globalité.

Parenthèse concernant la messagerie Facebook: plus tu fais preuve d’impatience, moins je te réponds. Je sais que je publie souvent mais sache que la plupart de mes posts sont programmés d’avance donc pas besoin de me relancer avec un “ALLO!??!” aux 10 minutes.

Non, je ne peux pas prévoir combien de rencontres tu auras besoin.

Je comprends totalement qu’une démarche en sexologie, c’est beaucoup de sous. Par contre, vois-la comme un investissement à long terme. Le nombre de rencontres varient énormément d’une difficulté à l’autre et pour quiconque, un seul rendez-vous n’est pas suffisant. Notre premier contact sert surtout à exposer la situation dans sa globalité afin de m’aider à trouver les meilleures stratégies selon TA réalité.

Ensuite, une rencontre de suivi est nécessaire afin de discuter ensemble des réflexions et des actions que tu as posé suite à la rencontre initiale. On réajuste le tout et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on considère ensemble que nous pouvons espacer graduellement les rencontres. Il est donc impossible pour moi de prévoir d’avance le nombre de rencontres nécessaires pour t’aider à te sentir mieux. Par contre, je sais que les stratégies et les pistes de réflexion que je te partagerai te serviront toute ta vie.

Non, la difficulté n’appartient pas qu’à ton ou ta conjoint(e).

Vous êtes un couple? Vous êtes deux à vouloir que ça se règle? Donc la situation que vous vivez en ce moment nécessite la participation de CHACUN.

Il faut comprendre qu’il est difficile pour moi de faire avancer les choses si un des deux partenaires baissent les bras. Je vais te donner un exemple que je vois relativement fréquemment.
Un couple me rencontre car Monsieur vit une panne de désir depuis quelques mois. En discutant, Monsieur évoque que Madame boude, pleure ou se met en colère devant chaque refus. J’en profite donc pour évoquer l’impact que peut avoir la réaction négative sur la libido.
S’ensuit donc un: “Oui mais c’est LUI qui n’a pas de désir, donc c’est LUI qui doit travailler là-dessus! MOI je suis tannée d’attendre, j’ai BESOIN d’avoir du sexe! C’est pas normal un homme qui n’a pas de libido!!!!”
Je comprends que ce peut être frustrant, mais vous êtes tous les deux devant moi donc en théorie, vous êtes tous les deux ouverts à mettre en place d’autres stratégies que celles déjà utilisées, non? Parce que visiblement, la bouderie et la colère n’a pas fonctionnée jusqu’à maintenant. Donc Madame ET Monsieur doit embarquer dans le canoë. Sans quoi vous tournez en rond. Sache que plus l’autre va sentir ton ouverture, plus la situation s’améliorera rapidement.

Non, les résultats ne se font pas du jour au lendemain.

Je comprends parfaitement que je suis souvent le dernier recours. Les gens qui viennent me voir ont lu, vu, testé plein de choses avant de me rencontrer. C’est normal, on peut tout trouver sur le web! Par contre, je n’ai pas de baguette magique. Et la sexualité n’est pas une science exacte. Donc tu ne te réveilleras pas demain matin avec la certitude que tout ça est derrière toi. Ce n’est pas comme aller au garage. Le bien-être sexologique est beaucoup plus complexe qu’une réparation du système d’échappement. Je n’ai jamais eu la prétention de sauver des couples ni d’avoir la science infuse de la vie sexuelle de chacun. Souvent, on y va d’essais et d’erreurs car ce qui fonctionne pour l’un, n’est pas aussi facile pour l’autre et vice versa. Chacun a son histoire, son bagage et ses expériences qui peuvent teinter différemment leur vie relationnelle et sexuelle actuelle. Donc oui, tu auras les stratégies adaptées à ta situation mais peut-être que les résultats n’apparaisseront pas aussi vite que tu l’avais prévu. Il faut toujours focaliser sur les minis progrès plutôt que sur ce qui manque pour atteindre l’objectif ultime! Vois la démarche comme une direction à prendre plutôt qu’une destination à atteindre.

Si jamais, malgré tout ce que je t’ai dit aujourd’hui, tu te sens prêt(e) à te lancer dans une démarche sexo, c’est signe que nous serons un team de feu! Plus tu es motivé(e), plus je le suis à mon tour!

Véronique Larivière, sexologue
Fière partenaire de ton bonheur amoureux

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