Comment surmonter la peur de l’engagement

La peur de l’engagement dans une relation est une problématique bien présente dans la société d’aujourd’hui. Je le vois avec mes clients, mais je le vois aussi autour de moi. Qu’y-a-t-il de si terrifiant à partager sa vie avec une autre personne? Voici quelques pistes pour mieux comprendre et la surmonter.

Comment se définit la peur de l’engagement?

L’idée de passer toute sa vie avec la même personne peut effectivement faire peur à bien des gens. À l’ère où nous avons le «Suivant!» plutôt facile, il n’est pas étonnant que plusieurs aient développé cette crainte très concrète de s’investir auprès d’une autre personne.

En réalité, la majorité de ces gens ne se sentent pas à l’aise de s’engager et ce, dans toutes les sphères de leur vie. Or, la différence avec l’engagement relationnel, c’est qu’une autre personne est inévitablement impliquée et que les conséquences sont plus tangibles.

Généralement, ces personnes ont tendance à fuir toutes formes de projets à deux. Que ce soit pour la cohabitation, l’achat d’une maison, la fondation d’une famille ou même la planification de vacances en amoureux, ils grincent des dents au moindre signe d’investissement personnel. Il se sentent pris au piège dès que la relation prend un virage un peu plus sérieux, et paradoxalement, ils feront rarement les premiers pas vers une rupture. Ils préféreront nettement saboter la relation plutôt que de prendre l’initiative d’y mettre fin.

Comment surmonter la peur de l’engagement

La peur de l’engagement contient plusieurs craintes sous-jacentes. La peur de l’échec, de souffrir, de perdre sa liberté, d’être trahi ou abandonné, etc. De plus, elle est souvent intimement liée à certaines mauvaises expériences du passé.

Parmi ces blessures, la plus fréquemment abordés en relation d’aide est sans aucun doute celle de la séparation ou du divorce des parents. Leur bagage émotif les incite à croire que toutes relations est vouées à l’échec et que l’investissement n’en vaut pas la peine.

Certaines personnes attendront ardemment LA personne parfaite pour combler leur idéal d’amour perfectionniste. Ils fantasment sur une relation au-delà de l’extraordinaire et lorsque celle-ci ne reflète pas ce qu’ils avaient prévu, leur déception les ramène à une triste réalité d’échec et de quête éternelle.

Pour d’autres, ce sont les blessures d’une relation antérieure qui les soumettent à une réelle crainte d’un engagement relationnel. Après avoir vécu avec un ou une partenaire trop étouffant(e) par exemple. La jalousie maladive ainsi que la violence conjugale sont aussi des motifs légitimes à la peur de perdre sa liberté et de s’engager de nouveau.

Comment s’en sortir?

Il faut savoir que tout fondement d’une peur, est en réalité la crainte de ce qui va arriver. Nos pensées négatives nous poussent à fuir ce qui pourrait nous blesser. C’est une réaction tout à fait normale, et il faut alors apprendre à apprivoiser cette angoisse.

La personne qui a peur de l’engagement doit d’abord et avant tout reconnaître ses croyances limitantes et essayer de déterminer quelles sont les sources de cette peur. Évidemment, je recommande fortement une démarche avec un(e) professionnel(le) afin d’affronter ces peurs et être en mesure de lâcher-prise.



(Cette chronique sexologique est également publiée sur Canal Vie.)

Vivre avec quelqu’un aux traits de personnalité narcissique

Avant toute chose, je veux faire une distinction. On entend souvent parler du pervers narcissique qui, dans son tempérament totalement destructeur, manipule l’autre à ses dépens. Son comportement reflète une pathologie très sérieuse qui s’avère être une perversion relationnelle où l’autre n’existe tout simplement pas. Dans cette chronique, il sera plutôt question de traits de personnalité narcissique qui est à un degré moindre, mais dont les conséquences relationnelles peuvent être toutes aussi présentes. Tu penses être en relation avec ce type de personnalité? Lis ce qui suit…

Homme narcissique

Narcissique = un ego affamé

Il faut comprendre qu’il existe toutes sortes de personnalités narcissiques, mais ce qui les caractérise d’abord et avant tout, c’est leur manque d’empathie. Ces personnes sont tellement centrées sur elles-mêmes qu’elles ne peuvent simplement pas comprendre ce que l’autre vit ou ressent. Elles ont un flagrant besoin d’être constamment admirées et ont l’impression que les autres leur doivent un respect et un amour inconditionnel.

Une personne qui détient des traits de personnalité narcissique agira généralement pour mettre en valeur son ego. Elle est souvent arrogante, incapable de tolérer la critique, a une très grande difficulté d’introspection et détient très peu de recul sur ses propres actions. Lorsque son estime semble menacée, elle peut se démontrer impulsive et réagir de façon très agressive. Elle carbure à l’admiration avec un besoin irrationnel d’être enviée et valorisée. La dépression n’est jamais bien loin, car à la moindre situation d’échec ou de sentiment d’humiliation, elle tombe dans la cruelle insatisfaction personnelle.

Selon l’auteure et psychiatre Judith Orloff, voici une série de questions à te poser si tu crois être en couple avec une personnalité de type narcissique :

  •     Agit-il comme s’il était le centre de l’univers?
  •     Dois-tu toujours le complimenter pour avoir son attention?
  •     Retourne-t-il toujours la conversation vers lui-même?
  •     Minimise-t-il ce que tu ressens ou penses?
  •     Se referme-t-il complètement lorsque tu n’es pas d’accord?

Une seule réponse positive peut démontrer que tu vis avec ce type de personne.

D’où ça vient, le narcissisme?

Les spécialistes s’entendent sur le fait qu’on ne naît pas narcissique, mais qu’on le devient. Il semblerait aussi que ce trait de personnalité soit plus présent chez les hommes que chez les femmes. La plus grande cause possible se situe au niveau d’une blessure narcissique lors de l’enfance. Un manque de reconnaissance parentale peut provoquer un ego déficient à l’âge adulte.

La réalité est qu’un ego disproportionné cache une faible estime de soi et un profond mal-être. La personnalité narcissique critique et rabaisse dans le simple but de se rassurer elle-même et de redorer son image.

Des parents narcissiques, ayant trop d’attentes envers leur progéniture, peuvent aussi avoir des effets dévastateurs sur la personnalité.

Comment vivre avec ce type de personne?

Armes-toi de patience

Il faut d’abord reconnaître la nature vulnérable de la personne qui partage ta vie en ayant de l’empathie (quitte à en avoir pour deux!) et de la tolérance face aux attitudes égocentriques dont peut faire preuve ton ou ta partenaire. Un apprentissage est nécessaire au niveau des critiques constructives, car, comme je le mentionnais plus tôt, une personne aux traits narcissique a beaucoup de difficulté à reconnaître ses torts. La confrontation est à proscrire. Si tu lui démontres continuellement ton admiration, il est fort possible que la relation fonctionne bien. Encore faut-il que tu sois à l’aise avec le concept…

Une personne narcissique n’acceptera de l’aide que si elle se sent au plus profond du gouffre. Il est alors possible de lui suggérer une démarche thérapeutique, mais dans la plupart des cas, ces personnes se croient supérieures aux thérapeutes. Plusieurs mettent fin prématurément à la thérapie, car elles ont l’impression constante de se faire critiquer, juger et confronter.

Bref, le meilleur conseil que je puisse te donner c’est de fuir avant d’être épuisé. À moins d’une majeure prise de conscience, les personnalités narcissiques ont tendance à être des vampires à énergie et très vite tu te sentiras démuni et même blessé dans ton propre ego. Si tu as l’impression de pédaler dans le vide, je te garantie qu’un monde meilleur t’attend assurément.



(Cette chronique sexologique est également publiée sur Canal Vie.)

Le phénomène des «Dick pics»

J’ai reçu plusieurs questions et commentaires à ce sujet, car depuis l’arrivée des sites et applications de rencontre, le phénomène des dick pics a pris une proportion déconcertante. Qu’est-ce qui pousse les hommes à envoyer une photo de leur parties intimes avant même de connaître le ou la destinataire? Excellente question!

«Salut, moi c’est Phil. Voici une photo de mon pénis»

Il existe plusieurs hypothèses reliées aux motivations des hommes à envoyer une photo de leur engin.

D’abord, plusieurs d’entre eux croient que ce comportement ouvre à l’échange. Un genre de sous-entendu qui suggère «Voici mon pénis, montre-moi tes seins». Or, ce concept d’échange est très limité, car rares sont celles qui se plient à cette transaction.

Autre hypothèse, les sites de rencontres ont beaucoup d’avantages, mais dû à l’abondance de prospects, plusieurs se disent qu’ils n’ont plus de temps à perdre. Bref, fini tout le fla-fla de la séduction pour en arriver à la relation sexuelle, les dick pics servent à mettre les cartes sur table dès le départ. «Je veux avoir du sexe, voici mon pénis». Selon certains, c’est la façon la plus facile de diriger la discussion vers leurs intentions réelles.

Fait étonnant, plusieurs croient que s’ils aiment eux-mêmes recevoir ce genre de photo, c’est que la terre entière aime en recevoir également. On comprendra que c’est véritablement une fausse croyance, car toutes les femmes à qui j’ai parlé ont été complètement dégoûtées par ce comportement.

Les dick pics, un problème beaucoup plus profond

Le phénomène des dick pics n’est pas à prendre à la légère. Évidemment, je fais référence aux photos envoyés par de purs étrangers et non aux sextos échangés entre personnes consentantes. Car oui, recevoir des images de pénis d’hommes qu’on ne connaît pas est une forme d’exhibitionnisme qui fait fi de la notion de consentement. On assiste présentement à l’éclosion de la version numérique de cette déviance sexuelle.

Un homme qui montre son pénis à des étrangers veut généralement se faire rassurer sur sa masculinité. En n’ayant aucun repère à savoir si son corps est excitant, il concrétise maladroitement son narcissisme en mettant en place des stratégies qui évoqueront des réactions chez sa victime. Plus la réaction sera forte (qu’elle soit positive ou négative), plus il sera rassuré.

Comment réagir face à une dick pic?

Si vous recevez ce genre de photo, la meilleure chose à faire est de ne pas y répondre, de signaler la personne au réseau social en question et de la bloquer. Pour l’instant, puisque c’est un phénomène relativement nouveau, il y a un flou dans la loi concernant la dénonciation de ce genre de comportements. Par contre, j’ai lu plusieurs histoires de revanches croustillantes dont celles qui avaient renvoyé la photo à la mère et à la conjointe de l’homme en question… Ouch!



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La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment?

On l’appelle aussi la « crise de milieu de vie ». Généralement, elle survient entre 38 et 48 ans mais certaines personnes peuvent la vivre avant ou après cet âge. Elle peut se manifester de plusieurs façons, allant de la déprime légère aux troubles psychologiques assez sévères. Concrètement, la crise de la quarantaine est une crise existentielle où tu as l’impression que « c’est maintenant ou jamais! ». Tu sens que tu dois agir avant qu’il soit trop tard et si tu n’es pas préparé à cette envie soudaine de changer de cap, il se peut que tu fasses des choix surprenants et destructeurs. C’est une période de doutes et de désorientation qui mérite clairement qu’on s’y attarde.

L’éternelle jeunesse

En Occident, c’est le culte de la jeunesse qui prime!
Ailleurs dans le monde, les gens célèbrent le vieillissement et la sagesse, ici, la crainte de vieillir accentue le désir absolu de rester jeune. Or, à croire que « c’est maintenant ou jamais! », la soif de liberté est multipliée. Certaines personnes se retrouvent donc à tenter de reproduire une jeunesse trop lointaine. On a qu’à penser à ceux qui recommencent à boire de l’alcool, à changer de look, à s’acheter une nouvelle voiture ou à être infidèle pour se prouver qu’ils sont encore désirables.

Je perçois un peu la crise de la quarantaine comme une sorte de crise d’adolescence où le questionnement sur l’identité est au centre de la difficulté.
« Qui suis-je vraiment? »
« De quoi ai-je envie avant qu’il soit trop tard? »
« Est-ce que j’aime vraiment la personne que je suis devenu? »
« Ai-je pris la bonne direction? »
Etc.

Ce n’est pas tout le monde qui réagit de façon aussi intense à cette période charnière de l’identité. Par contre, on aura tous un jour ou l’autre une prise de conscience qui nous fera réfléchir sur le fait que notre vie mérite peut-être quelques ajustements.

Les femmes vivent aussi une crise de la quarantaine

On croit souvent que le « démon du midi » n’est réservé qu’aux hommes, mais plusieurs femmes font face à un tel questionnement existentielle à la mitan de leur vie. Cette crise survient généralement lorsque les enfants quittent la maison. Après s’être autant investie dans sa vie de famille, il peut arriver que la femme souffre du syndrome du « nid vide ». Après le départ des enfants, certaines peuvent avoir un sentiment d’inutilité qui se traduit par une angoisse quotidienne d’insécurité. L’inquiétude est plus grande lorsque le couple a été trop longtemps oublié au détriment de la vie familiale.

Vers la cinquantaine, deux grands moments peuvent aussi accentuer cette crise. Je parle ici de la retraite et de la ménopause. Dans le premier cas, le questionnement existentiel est presque un passage obligé par le fait de se retrouver, du jour au lendemain, avec beaucoup de temps libres.
« Qu’est-ce que je fais de mon temps? »
«Quels sont les projets qui me tiennent à cœur? »
« De quoi ai-je vraiment envie? »
Etc.
La ménopause, quant à elle, peut aussi être très mal vécue si la femme a peur de vieillir, peur de perdre sa féminité ou peur de perdre sa fougue de jeunesse. Elle aura alors un grand besoin d’être rassurée.

Les signes avant-coureurs

Voici quelques indices qui peuvent indiquer que tu vis, à divers degrés, la crise de la quarantaine.

Perte d’intérêt
Ce qui t’allumait au départ ne semble plus répondre à tes besoins. Tu notes peut-être un important désintéressement envers ta famille et tes amis par exemple. Il se peut que tu vives un manque d’intérêt face à la sexualité ou à ton ou ta partenaire de vie. Tu as peut-être l’impression que plus rien n’est à la hauteur de tes ambitions.

Dépression
Tu as peut-être un sentiment d’insatisfaction constant. Il se peut que tu te sentes triste ou en colère à l’idée d’être rendu à la mitan. Perte d’appétit, augmentation ou perte de sommeil, idées noires, hantise de la mort, etc.

Décisions impulsives
Comme tout est remis en question et que c’est « maintenant ou jamais », il est possible que tu prennes des décisions impulsives pour tenter de trouver un bonheur extérieur qui fait défaut à l’intérieur. Vendre la maison, acheter un bateau, partir en voyage de six mois, trouver de nouveaux passe-temps, rompre avec le ou la partenaire, etc.

Consommation excessive
La consommation d’alcool ou de drogues peuvent être la conséquence d’un mal-être constant qu’on tente d’engourdir. Lors de la crise de la quarantaine, certaines personnes vont se rabattre sur la consommation pour tenter d’oublier un bien-être qui fait défaut.

Nostalgie
L’obsession de la jeunesse, du temps où tout semblait plus facile, etc. Je dirais que la nostalgie est le moteur de cette crise. On se rappelle l’intensité de nos premiers amours, de la sincérité des copains de l’époque et de la liberté qui agrémentait notre vie trépidante. Bref, c’est correct de regarder en arrière avec un sourire, il ne faut juste pas que ça devienne une obsession.

Comment faire face à la crise la quarantaine

Pour réussir ce passage obligé sans trop de dommages, il faut prendre conscience de ce que cette période nous apporte positivement. Ces questionnements ont leur raison d’être et il faut être prêt à les accueillir et tenter d’y répondre.
« Qu’est-ce qu’on doit changer? »
« Qu’est-ce qu’on doit modifier »
« Qu’est-ce qu’on veut garder? »
Ces questions peuvent nous aider à voir plus claires sur nos aspirations futures.

Il faut en parler! C’est vraiment important d’échanger avec la personne qui partage notre vie, nos angoisses et nos inquiétudes face à l’avenir. Elle sera mieux outillée pour comprendre ton comportement qui peut sembler parfois décousu. Parles-en à ton entourage, à tes amis. Tu n’es pas seul(e) à vivre un tel bouleversement et le simple fait de se sentir compris(e) dans cet impasse peut grandement aider.

Recentre-toi. Reprends contact avec tes besoins et envies car c’est de cette façon qu’on clarifie la situation. N’hésites surtout pas à rencontrer un professionnel si cette crise t’incommode au quotidien.



(Cette chronique sexologique est également publiée sur Canal Vie.)